Les tourbières de Lanoraie représentent les derniers grands milieux naturels terrestres d'une région dominée par l'agriculture et l'urbanisation. Leur proximité de Montréal les rend particulièrement vulnérables à une utilisation économique à court terme de leur ressource. Une superficie de quelque 879 ha aurait ainsi été perturbée ou détruite depuis 10 ans. D'autre part, l'approche réglementaire développée par les municipalités et le ministère de l'Environnement ne semble pas avoir eu toutes les retombées positives souhaitées sur la conservation de l'écosystème tourbeux. La difficulté de contrôler les activités réalisées sur l'ensemble du territoire et, localement, le manque de compréhension de l'importance écologique du milieu sont probablement responsables de cette situation. Comme les tourbières (et les autres milieux humides) ont été peu considérées au fil des ans pour leur valeur autre que celle d'exploiter la tourbe, il n'est pas étonnant que la conscience moderne ait peu évolué vers une approche de conservation. Pourtant, divers intervenants reconnaissent aujourd'hui le potentiel écologique et éducatif des tourbières de Lanoraie. Le ministère de l'Environnement y a créé en 1994, sa 48è réserve écologique sur une portion du territoire. Un protocole d'entente signé avec le Ministère nous permet d'y offrir des visites éducatives depuis ce temps. L'éducation fait en effet partie des objectifs fixés par la création d'un réseau de réserves écologiques au Québec.