Anciennement bordé d'îles sableuses, le paysage passé devait être comparable à celui actuellement en place dans l'archipel des îles de Berthier Sorel. En effet, durant la dernière glaciation, l'Inlandsis laurentidien, dont l'épaisseur pouvait atteindre jusqu'à 4 000 mètres (Landry et Mercier, 1992), a surcreusé la région entourant aujourd'hui le Lac Saint-Pierre. Sous le poids de l'immense couche de glace, le continent s'est enfoncé de plusieurs centaines de mètres de sorte que lorsque la glace a fondu, l'océan a envahi de grandes régions du centre, de l'est et du nord du Québec : c'est à ce moment que s'est formée la mer de Champlain.
Pendant cette transgression marine, le relèvement isostatique a entraîné un abaissement progressif des niveaux de submersion des Basses-Terres, laissant place au Lac Lampsilis. Lorsque la masse d'eau courante du fleuve rencontra celle du lac, les sédiments transportés, surtout du sable, se sont déposés. Les deux masses d'eau se déplaçaient entre Saint-Sulpice et Berthierville alors que s'élaborait, il y a environ 8 800 années, de part et d'autre du fleuve actuel, le delta de Lanoraie (Robillard et al, 1996).
Au fur et à mesure que le niveau d'eau baissa, les chenaux du delta creusèrent leur lit dans la couche d'argile laissée par la mer de Champlain (Robillard et al, 1996).
Lorsque la force du courant fut trop faible pour traverser la couche d'argile,
d'importantes masses d'eau ont été emprisonnées dans les légères dépressions.
Avec les années, la végétation combla ces aires humides disposées parallèlement
au Saint-Laurent, dans les anciens chenaux du delta de Lanoraie